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Ely Ould Krombelé, ancien capitaine de l’armée mauritanienne jette un œil critique sur la Grande Muette:

altLe Calame : La Mauritanie est gouvernée, depuis le 10 juillet 1978, par les militaires, hormis la parenthèse de Sidioca. Les civils disent que les problèmes du pays ont commencé depuis cette date. Etes-vous de cet avis ? Pensez-vous qu’ils ont échoué dans la gestion et qu’il est temps qu’ils rentrent dans leurs casernes ?

 

Ely Ould Krombelé : La Mauritanie est gouvernée, depuis le 10 juillet 1978, par les miltaires, malgré la parenthèse SIDIOCA, dont ils furent, aussi, les maîtres d’ouvrage. Certes, la guerre du Sahara y est pour quelque chose. Cependant et pour répondre à la trame de votre question, l'évidence me recommande de vous dire que le pouvoir militaire a échoué et qu'en même temps, il ne pouvait en être autrement.Car l'institution militaire n'a jamais eu vocation de conduire les affaires de la cité mais, plutôt, de garantir la sécurité de celle-ci, en plus de la sûreté des citoyens. Instrument majeur de souveraineté, les forces armées ont pour mission d'assurer la défense de l'intégrité territoriale, de garantir le fonctionnement régulier des autres institutions et de permettre, aux gouvernants, de conduire, en toute légitimité, les politiques pour lesquelles ils ont été élus. Les forces armées ont assez à faire avec leur mission de défense, pour perturber ou s'ingérer, en plus, dans le débat politique. Il est particulièrement dangereux que l’Armée, creuset de la Nation, constituée, a priori, sur l'intégration de toutes les communautés nationales, soit politiquement instrumentalisée. Citoyens en armes, les militaires ont un devoir de réserve. Il y a vingt-cinq siècles, Aristote disait : " tous les corps ont tendance à rejoindre leurs lieux naturels ". Sans vouloir disséquer l'anthropomorphisme aristotélicien que les lois de la pesanteur démentiront, j’affirme, avec détermination, que la place de l'Armée est dans les casernes.

 

- Vous êtes un ancien capitaine. Si l’on devait résumer, brièvement, la situation de l’Armée, que dire ? Est-elle, véritablement, une armée de métier, professionnelle, capable de défendre le pays ?

- A sa fondation, le 27 novembre 1960, l'effectif de l’Armée nationale ne dépassait pas deux, voire trois, compagnies. Elle était, exclusivement, un corps de métier, composé, surtout, de militaires et de goums, issus des forces armées de colonisation. Le besoin d'affirmer notre souveraineté nationale justifiait cette mise en œuvre, même si ses ressources humaines, matérielles et financières ne permettaient guère de réaliser cette volonté politique. Ces faiblesses, l'étendue du territoire, ainsi que l'absence d'une réelle politique de défense, ont longtemps compromis le professionnalisme de notre Armée. Aujourd'hui, alors que la Grande Muette a connu un essor prodigieux, en matière d'équipements, d'organisation, de formations et d'entraînements, il n'est pas sùr qu’elle puisse assumer, en totale efficacité, la défense du territoire, la sécurité des institutions et des populations. Même si c'est une armée de conscription, dans les textes – formidable levier d'égalité et d'intégration – elle évolue, depuis 1978, sous les seuls tropismes de ses récipiendaires chefs d'Etat, plus soucieux de leurs intérêts narcissiques, sinon tribaux, ethniques, voire tout à la fois.

- Pourquoi, selon vous, Ould Abdel Aziz donne carte blanche aux chefs de cette armée, en matière de gestion ? Aucun d’entre eux n’a été contrôlé et pas un seul officier sommé de rembourser la moindre ouguiya. Seraient-ils, à ce point, tous honnêtes ?

- L'honnêteté n'est pas la vertu la mieux partagée, dans l'oligarchie militaire mauritanienne. Je veux dire la classe dirigeante, qui, d'ailleurs, n'est point représentative des autres corps d'officiers, de sous-officiers et hommes du rang. L'impunité est héritée, sans doute, de l'administration coloniale où le commandant du cercle, le goum, l'interprète transcendaient l'imaginaire des " bougnoules ". Les " descendants " de colonisés que nous sommes n'avons fait que perpétuer cette pratique abjecte contre nos populations. Pourquoi ne pas continuer, alors, avec la colonisation ? En Mauritanie, l'impunité a atteint le point de non-retour, avec Maaouya. Elle faisait partie de sa stratégie de confiscation du pouvoir. En laissant les officiers s'arroger les prébendes, détourner l'argent public, et tutti quanti, .ils se seront souillés, aux yeux du contribuable mauritanien. Aziz, aide de camp de Maaouya depuis le 13 décembre 1984, a commencé à se faire de l'argent depuis cette date. Les années" 90 ", Aziz, alors en disgrâce, fut épaulé par Ghazwani, commandant du BB, et les deux investirent, ensemble, à Rosso, dans l'agriculture. Les années " 2000 " firent la fortune d'Aziz et les inspecteurs de l'IGE devraient commencer par lui : à tout seigneur, tout honneur. Voilà pourquoi les officiers ne peuvent pas être controlés car le voleur de Baghdad est un...baghdadi.

- L’armée a pour vocation la défense du territoire national. Sur ce plan, a-t-elle accompli sa mission, face, d’abord, au Polisario et, aujourd’hui, à l’AQMI ? De quelle stratégie et de quels stratèges disposons-nous ?

- Il faut reconnaître que la guerre du Sahara a surpris tous les Mauritaniens et bouleversé la géopolitique sous-régionale de l'espace maghrébin. L'habileté du roi du Maroc, Hassan II, et l'intransigeance du président Boumediene y sont pour quelque chose. De la revendication du Maroc sur la Mauritanie, on est passé aux accords de Madrid et le partage du Sahara occidental. De l'amitié mauritano-algérienne, on est, vite, passé aux menaces, à peine voilées, de Boumediene sur feu Mokhtar Ould Daddah, à Bechar. Face au Polisario, 1975-76 ont été des années de conquête et d'occupation des principales villes et localités qui nous étaient échues. 1977-78 furent plus mitigées, avec l'implication croissante de l'Algérie, l'aguerrissement des forces du Polisario, aidé, désormais, par tous les pays se disant progressistes, et son adoption d'une nouvelle stratégie de guérilla qui consistait à s'attaquer aux poumons économiques de la Mauritanie. Là, l'armée a connu des doutes, même si l’on constatait, ça et là, quelques sursauts, un regain de combativité, occasionnant, pour le Polisario, de cuisantes défaites, accentuées par l’appui de l'aviation française. Le 10 juillet 1978, date du coup d'Etat et jusqu'en 1979, on entra en terrain politique… Mais, bref : ce qu'on peut retenir, ici, c'est que l'armée a fait ce qu'elle pouvait, dans ce conflit, disons-le, fratricide, pour lequel elle n'était pas préparée.
En ce qui concerne le combat contre l'AQMI, l'armée a opéré sa reconversion, dans un conflit de type asymétrique. Elle est, aujourd'hui, mieux organisée, plus équipée, mieux renseignée et, donc, plus réactive. Mais cette forme de conflit ne se gagne pas dans le court ou moyen terme, face à des bandes armées en intelligence avec les populations souvent complices, parfois innocentes, dont celles-là sillonnent les territoires. Nous ne sommes pas devant une armée régulière, avec ses états-majors et sa doctrine d'emploi. Ce qui implique, au-delà de la solution militaire, des actes politiques, diplomatiques voire économiques et sociaux.

- En 91/92, des militaires négro-mauritaniens ont été massacrés, dans plusieurs casernes du pays, et de nombreux rescapés révoqués de l’armée. Comment en est-on arrivé là, au sein de notre armée censée être le ciment de l’unité nationale ? A votre avis, pourquoi les criminels restent-ils impunis ? Pourquoi le pouvoir refuse d’instituer, comme l’a demandé l’AJD, un service militaire obligatoire, pour tous les jeunes mauritaniens âgés de 18 ans, après avoir constaté, depuis quelques années, que les portes de l’armée et des forces de sécurité s’étaient fermées aux Négro-mauritaniens ?

Voilà une question gênante mais inévitable et qui s'invitera, tôt ou tard, avec acuité et de long en large, au débat politique national, jusqu'à solution définitive. En ce cas de figure, mieux vaut prendre le taureau par les cornes. Quelques gropuscules arabes et négro-mauritaniens ont empoisonné la vie des Mauritaniens, toutes tendances confondues. En 1990, les exécutions extra-judiciaires, entre frères d'armes, ne se justifiaient pas. Ni les gesticulations des Peulhs après les évènements Mauritanie-Sénégal, ni la passivité des mêmes militaires négro-mauritaniens, à l'égard des troupes sénégalaises, ne pouvaient justifier une réaction aussi disproportionnée. Pour commencer, il faut distinguer entre les assassins, les tortionnaires et les " fauteurs de peccadilles ", souvent obligés de se montrer " consentants ", par peur de représailles. Par exemple, ceux qui n'ont pas voulu passer à la basse besogne, comme moi, n'ont pas pu avancer. On ne vous dira jamais pourquoi mais nous savons que tous les officiers de sécurité, cette année 90-91, furent reçus au brevet de capitaine.
Il faut, ensuite, déterminer les niveaux de responsabilité. L'investissement du colonel Dhehbi Ould Javar, alors commandant le sous-groupement 10 (pk 55), aidé de deux hartanis musclés, ligotant leurs frères d'armes ; l'intervention du général Meguett, à Inal, en mission avec le colonel Ely Fall, alors chef du 2ème bureau et, à ce titre, chef de mission, ne sont pas à mettre dans le même panier.
Aziz ne peut rien, pour le moment, contre les auteurs des crimes. En 1990, il était à la présidence et le courrier de Maaouya passait par lui. Il n'a, sûrement pas, conseillé son chef positivement. Mais, devenu lui-même président, il aurait pu mettre la pression sur les criminels, afin qu’ils reconnaissent leurs torts et demandent pardon, en conviant, lors d'une grand-messe – au palais des congrès, pourquoi pas ? – les organisations de droits de l'Homme, les ayant-droits, les imams, surtout ceux de la vallée du fleuve, la diaspora, etc., pour une réconciliation définitive, quel que soit le coût moral ou pécuniaire.
En ce qui concerne l'autre volet de votre question, il faut savoir que le pouvoir ne peut refuser d'instituer le service militaire obligatoire pour les jeunes de 18 ans. Les textes existent. Cependant, leur application pose problème. Car le service militaire est difficile à organiser ; nous n'avons pas, au sein du ministère de tutelle, de directions de ressources humaines capables de gérer cette problématique. C’est une mise en œuvre qui coûte cher, c'est pourquoi beaucoup de pays nantis y ont renoncé, même si le service militaire universel forge l'égalité, l'intégration et le patriotisme. Cela dit, cet abandon ne doit, en aucun cas, constituer un prétexte pour fermer la porte à une entité quelconque de la Nation.

- Que pensez-vous du processus de règlement du passif humanitaire engagé par Ould Abdel Aziz ?

- S'il n'est pas pris dans sa globalité, le règlement du passif humanitaire demeurera, toujours, un actif toxique. Le général Dia Adama Oumar, chef d'état-major particulier, et le lieutenant Sy Abou Bocar, président de COVIRE, appelés à la rescousse, n'y apporteront que des " mesurettes ". Une " prière de la peur ", à Kaédi, quelques victimes indemnisées, des intermédiaires graissés, et hop ! On passe à autre chose. Comme je le disais tantôt, il faut un sursaut national : seule l'opiniâtreté populaire viendra à bout de ce probleme.

- Notre pays a dépensé des millions de dollars pour équiper son armée. Sommes-nous bien outillés, aujourd’hui, pour faire face au terrorisme et aux trafiquants en tout genre qui écument le Sahel ?

- Effectivement notre pays a consenti d'énormes efforts financiers, pour équiper nos forces armées. Ces dépenses ont concerné l'aviation, les forces terrestres et la surveillance électronique d'une partie de notre territoire. Cela a permis à notre armée, avec l'appui des Français et des Américains, en matière de formation, d'entrainement et de renseignement, d'accomplir les mutations structurelles et doctrinales nécessaires à son engagement. Il reste beaucoup à faire : selon des officiers compétents et bien renseignés, il persiste, encore, des incohérences tactiques et techniques. Oui, nous sommes bien outillés et les moyens financiers existent, pour assurer notre défense. Rien que les cinquante millions de dollars octroyés, par l'Arabie saoudite, au temps de Sidioca, devraient nous permettre de défier l'AQMI et les trafiquants de tous genres, des années durant. Cependant, il faut pondérer cette assertion par le fait que nous n'avons pas de vision stratégique claire, au-delà de la réponse du berger à la bergère, et encore moins de réelle capacité politique et diplomatique. Dans l'armée, ceux qui élaborent les plans d'action, la stratégie à long terme, sont les officiers les plus compétents en ce sens, issus de grandes académies militaires. En Mauritanie, tout le monde se connaît. Il est dommageable, pour nos troupes aux frontières du Mali, de ne pas bénéficier des connaissances tactiques d'officiers comme Ndiaye Ndiawar, Alioune Ould Mohamed, Mohamed Lemine Ould Taleb de l'EMIA, pour ne citer que ceux-là.

- Le Mali est confronté à une rébellion armée. Certianes sources croient savoir que les rebelles bénéficient de l’appui, discret mais efficace, d’Ould Abdel Aziz. Ce jeu n’est-il pas dangereux, pour la stabilité de la sous-région ? Que gagnerait la Mauritanie, en déstabilisant le Mali ?

- Ce n'est pas la première fois que les rebelles défient le pouvoir central malien. Les Touaregs, comme les Kurdes en Asie, survivent, à cheval entre l'Algérie, le Mali, le Niger et, dans une moindre mesure, le Burkina-Faso et la Libye. La France, artisane des frontières post-coloniales, prône, jusqu'à ce jour, leur intangibilité. Si Ould Abdel Aziz, dans ses dérives machiavéliques dont il est seul comptable, venait à apporter un appui aux rebelles, cela prouverait, une fois de plus, qu'il n'a aucune vision stratégique, à l'opposé de la volonté de la Communauté internationale et, même, de son actuel mentor, l’Algérie. Il est inopportun, pour la Mauritanie, de s'aliéner le bon voisinage du paisible peuple malien. La Mauritanie a tout à perdre, si le Mali venait à sombrer dans l'instabilité, car elle partage, avec ce pays, des frontières, une histoire commune, des échanges économiques très bénéfiques, surtout pour les deux Hodhs, l’Assaba et le Guidimakha.

- Pensez-vous, comme le croit le pouvoir de Nouakchott, que les rebelles maliens peuvent être des alliés, dans la lutte contre AQMI ?

- Si le pouvoir central de Nouakchott voit, en les rebelles maliens, des ennemis d'AQMI, moi, je les vois, plutôt, des alliés objectifs. Et si le MNLA cherchait à contrôler le trafic, juteux, de la drogue, pour financer sa lutte, comme le font les Talibans, en Afghanistan ? Rien n'est sûr et l'avenir nous édifiera. Mais une chose est certaine : La Mauritanie n'a rien à tirer de l'aggravation du conflit malien, si ce n'est l'insécurité et l'instabilité à nos portes.

- Une omerta entoure la mort de N’Diayane, lors de la tentative de coup d’Etat avorté, en 2003. Pourquoi ce mystère ? D’après vos informations, qui a tué Ould N’Diayane ?

- Je ne sais pas. A la mort de Ould N'Diayane, j'étais en consultation sanitaire à Madrid. J'ai essayé de mener ma propre enquête et je n’ai abouti qu’à des interrogations. Pourquoi feu N'diayane n'a pas bénéficié d’obsèques nationales ? A-t-on cru que le colonel s'était allié aux mutins, étant donné qu'il n'avait pas quitté son bureau ? Qui avait intérêt à le supprimer, alors qu’il jouissait d’une si bonne réputation, surtout auprès des putschistes ? C'est vraiment dommage que je ne puisse vous édifier sur la mort de cet éminent officier.

- Lors du dialogue politique qui s’est déroulé, entre septembre et octobre derniers, le pouvoir a refusé de revoir le statut du BASEP, qualifié de " milice "par une partie de l’opposition. A votre avis, pourquoi ce bataillon reste " hors cadre " et n’est pas rattaché à l’état-major de l’armée ?

D'abord, je tiens à préciser que les hommes politiques qui se " cramponnent " au dialogue avec Ould Abdel Aziz doivent cultiver la patience de Pénélope. Car rien ne viendra couronner ces interminables " palabres " qui s'affichent en moyen, plutôt qu'en issue consensuelle. Le militaire Aziz ne se pliera, jamais, à la volonté de " minables civils ". Le fameux BAtaillon de la SEcurité Presidentielle (BASEP) en est un moyen de pression. Mis en place, fin 1989, début 1990, par Maaouya, inquiet, ne faisant plus confiance aux forces armées régulières " essaimées "de négro-mauritaniens, le BASEP a été commandé, en premier lieu, par le capitaine Mohamed Ould Abdel Aziz. En 1991, à l'approche des élections " pluralistes " de 1992, Aziz est remplacé par un smacide, le capitaine Mohamed Mahmoud Ould Eyoub, dit Kopa. Jusqu'au départ d'Eyoub en stage au Maroc (1999-2000) et son remplacement par le lieutenant-colonel Aziz, le bataillon devient le lit du trafic d'influences où les ministres, les gouverneurs de district et de régions ont jonglé avec le patrimoine foncier, en vue de satisfaire les " officiers compradores ". Il faut retenir que le BASEP est une unité comme les autres, à ceci près qu’elle est mieux nantie, proximité présidentielle oblige. Il n'est pas plus combatif, même si son chef actuel est téméraire, ce qui fait sa force, comparé aux autres officiers de l'armée. En 2003, lors de la tentative de coup d'Etat, le seul officier du BASEP réellement fidèle à Maaouya en est mort. C’était le courageux capitaine Ould Oudaa – paix à son âme. Si le BASEP reste " hors cadre ", alors que son chef est président de la République, c'est parce que ce bataillon est devenu un moyen de dissuasion et de pression, contre les pauvres hommes politiques civils et toute la société civile, persuadés que les militaires qui le composent sont, tous, prêts à mourir pour Aziz. Evidemment, il n'en est rien. Au contraire : le maintien du BASEP en dehors des rangs atteste de la fébrilité de ses chefs. Le bataillon n'est pas composé de miliciens mais, plutôt, de militaires d'ailleurs, qui mangent et dorment mal ; en tout cas, jusqu'en 2008. Le détournement de la PGA (Prime Générale d'Alimentation) des soldats étant la chose la mieux partagée, chez les officiers mauritaniens. Qu'ils soient compétents ou médiocres. Ce constat d'échec mériterait, à lui seul, de susciter les états généraux de l'Armée, bien avant ceux de la Santé ou de l'Education.

- Il y a quelques jours, on a assisté à une série de promotions dont celle de Ghazwani, promu au plus haut grade de notre armée. Est-ce justifié ? Pourquoi le colonel Hannena Ould Sidi, un des officiers les plus brillants de sa génération, n’a toujours pas accédé au grade de général, alors que d’autres, sensiblement moins méritants que lui, y sont parvenus ?

- Il faut rappeler que l'institution militaire se distingue, avant tout, par le fait qu'elle est structurée, hiérarchisée et fonctionne selon des normes connues dont celles relatives à l'avancement. Mais, en Mauritanie et depuis quelques années déjà, la promotion des officiers supérieurs du grade de colonel à la catégorie des officiers généraux est particulièrement opaque et illisible, au regard des critères qui fondent le choix des décideurs, en tête desquels le chef de l'Etat, chef suprême des Armées. Les premières entorses ont été commises par Sidioca qui, au lendemain de sa prise de fonction, a cru qu'en récompensant ses encombrants soutiens militaires, il s'affranchirait de leur tutelle et éloignerait, ainsi, leur retour sur le devant de la scène politique. Sans doute poussé par l'inévitable chef du BASEP, il a changé, en catimini et simultanément, les règles et dispositions légales pour promouvoir ceux-là, bouleversant, ainsi, toute la hiérarchie militaire. Cette décision inique, absurde et grave a, délibérément, redessiné l'histoire militaire, en instaurant des modalités d'avancement qui compromettront, durablement, la qualité de l'encadrement des forces armées et de sécurité. Quand le président Aziz a pris le pouvoir, ses choix se sont portés, naturellement, sur des officiers de faible amplitude morale et professionnelle qui lui seraient, donc, redevables et soumis. Car le général-président évite, soigneusement, de rencontrer ceux qui daignent le regarder les yeux dans les yeux. L'avancement, aujourd'hui, dans l'armée mauritanienne ne répond pas, forcément, au besoin d'encadrement des forces ni aux critères de compétence, de moralité et, surtout, d'ancienneté. Il est l'expression de la volonté du prince, doublé de calculs politiciens et de copinage. Même Maaouya, en deux décennies de règne absolu, n'a pu franchir le Rubicon de cette injustice. Qui a accordé une prolongation de quatre années, au lieutenant-colonel Cheikh Ould Baye de la Marine ? C'est Aziz. Qui a promu le colonel Mohamed Znagui Ould Sid'Ahmed Ely au grade de général de brigade, alors même qu'il était en permission libérable ? C'est Aziz. Je ne nie pas la compétence de Znagui, au plan intellectuel, tout comme Hanené, son ami, mais fallait-il faire deux poids, deux mesures ? Voilà qui me réconforte en ma requête de procéder, ipso facto, aux états généraux des forces armées et de sécurité. Et je ne saurais conclure cet entretien en remerciant Le Calame de me donner, encore une fois, l'occasion de m'exprimer.

Propos recueillis par AOC

LE CALAME

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